Hommage à Romain Gary…

3 07 2009

… de Pierre Assouline, qui présente la sortie du gros volume Quarto consacré à Gary : "Légendes du Je" (édition établie et présentée par Mireille Sacotte, 29,90 euros, 1450 pages, Quarto/Gallimard), où se trouve réuni : Education Européenne, La Promesse de l’aube, Chien blanc, Les Trésors de la mer rouge, Les Enchanteurs, La vie devant soi, Pseudo et Vie et mort d’Emile Ajar.

http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/06/27/romain-gary-celui-qui-donna-une-couleur-a-la-memoire/


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C’est tout du fumier et consorts…

21 06 2009

« C’est drôle à présent c’est la mode d’accabler en tout les civils, c’est les puants, c’est les galeux, c’est eux les infects responsables, les lâches charognards de débâcle. C’est eux, c’est eux, c’est rien que leur pied. Qu’ils s’expliquent un peu ! qu’ils se disculpent ! Pourquoi ils ont eu peur comme ça ?… Pourquoi ils furent pas héroïque ?…
Faudrait peut-être d’abord s’entendre… Qui c’est qui doit défendre la France ? les civils ou les militaires ? Les tanks 20 tonnes ou les vieillards ? Les tordus, les gnières en bas âges, les lardons morveux, les prudents affectés spéciaux, ou les régiments mitrailleurs ? Ah ! C’est pas bien net dans les propos… On arrive pas à bien comprendre. Y a de la confusion, de l’équivoque, on dit pas toute la vérité…
Elle coûtait cher l’Armée Française, 400 milliards pour se sauver, 8 mois de belotes, un mois de déroute… Des impôts en n’en plus finir… Ils ont eu raison les civils de se tailler par tous les moyens. Ils ne voulaient pas mourir non plus. Ils avaient rien à faire en ligne qu’à encombrer les batailles, si bataille il y avait eu… C’était aux militaires d’y être, de ralentir l’envahisseur, de rester mourir là, sur place, la poitrine cambrée face aux Huns, et pas le derrière en escampette. Si ils avaient été moins vite, y aurait eu moins d’embouteillage. On peut comprendre ces choses-là sans passer par l’École de Guerre. L’Armée qui fuit c’est pas convenable, ça propage des vents de panique. De Meuse à Loire c’était qu’un pouet, une foire unanime. Qui qu’a fait la plus grosse diarrhée ? les civils ou les militaires ? C’est pas une raison de pavoiser, d’afficher des souverains mépris, Scipion merde-au-cul-s’en-va-juge ? C’est tout le monde qu’a été malade, malade de bidon, de la jactance, malade de la peur de mourir. Les partout monuments aux morts on fait beaucoup de tort à la guerre. Tout un pays devenu cabot, jocrisses-paysans, tartufes-tanks, qui voulait pas mourir en scène. Au flan oui ! pour reluire ? présent ! Exécuter ?… ! Maldonne !…
Toutes les danseuses qui ratent leurs danses prétendent que c’est leur tutu. Tous les militaires qui flageolent gueulent partout qu’ils sont trop trahis. C’est le coeur qui trahit là de même, c’est jamais que lui qui trahit l’homme. Ils voulaient bien tous jouer la pièce, passer sous les Arcs de Brandebourg, se faire porter dans les Triomphes, couper les bacchantes du vilain, mais pas crever pour la Nation. Ils la connaissent bien la Nation. C’est tout du fumier et consorts. C’est tout des ennemis personnels ! Pardon alors et l’après-guerre ? Qui va en jouir si ce n’est pas nous ? Les canailles démerdes ! Y a que les cons qui clabent ! L’après-guerre c’est le moment le meilleur ! Tout le monde veut en être ! Personne veut du sacrifice. Tout le monde veut du bénéfice. Nougat cent pour cent. Bien sûr y a eu des morts quand même ! des vraies victimes de l’imprudence. C’est rien à côté des millions, des absolus martyrs de l’autre, les calanchés du coeur nature, ceux de 14 à 18. Merde ! On peut dire qu’on les a eus ! Même les carcans de la foutue cerise qu’on peut regretter, honteux de tout, 800 000 qu’on en a butés. »

Louis-Ferdinand Céline, Les Beaux Draps, 1941.


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Conseil de lecture pour Octave Mirbeau

13 06 2009

Le Jardin des supplices  ****
Dingo  *****
Le Journal d’une femme de chambre  ****
Contes de la chaumière  ***

 


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Carnets d’oflag - Georges Hyvernaud

9 06 2009

Présentation de l’éditeur :
"Serait facile, amusant, de tracer de tout cela des croquis vifs, colorés. Retenir les anecdotes, le côté pittoresque. Ce ne me sera pas possible. Exprimer au contraire la vérité, c’est-à-dire la pauvreté de cette vie en apparence amusante - amusante à la manière des "scènes de la vie de garnison". […] C’est la première chose à éviter, le pittoresque. Et la seconde : le lieu commun. On va dire ce qui pourrait, ce qui devrait être : la purification par la souffrance - le sens de la communauté né de la misère commune. Mais je n’ai pas vu cela. Juste le contraire. Et je dirai le contraire."
  Au camp, matriculé, quand le kg fatal enduit de sa peinture blanche la surface de la capote de prisonnier, que faire ? Attentif à nous laisser des médaillons cinglants et acerbes qui cisèlent la silhouette de ses codétenus et à la fois soucieux d’envisager la vie du troupeau dans son ensemble, le regard d’Hyvernaud passe du gros plan ravageur au plan large, et zoome en permanence de la trombine au baraquement. Il ne pourrait y avoir là que des croquis, des couleurs pittoresques et franchouillardes d’un vécu carcéral où l’héroïsme bravache s’allie à la débrouille pour la plus grande victoire de l’ingéniosité nationale. Certes non. Il y a l’œil Hyvernaud, un œil froid, tranchant et impitoyable, qui ne laisse de l’homme que l’homme.

Ici se trouve dactylographié les carnets d’oflag d’Hyvernaud  qu’il a noircis dans les différents camps de prisonniers où il a « séjourné » lors de ses cinq années de détention. Une somme éclectique de portraits de codétenus, de conversations entendues, de listes de lecture, de résumés de lecture, de citations d’écrivains, de poésie, de chansons de garde… Des instantanés de vie souvent confus, car sortis de leur contexte. Mais toujours le verbe acerbe d’Hyvernaud et une acuité sans faille. Les deux derniers textes justifient largement l’achat du livre : Libération du camp de Soest (quand les Américains libèrent le camp où Hyvernaud est fait prisonnier)  et Lettre à une petite fille (Lettre à sa fille de huit ans qu’il n’a pas vue depuis cinq ans).

« Le sens de la vie : un problème que les pauvres, les gens qui crèvent de faim, les gens de fatigue et de peine, ne se posent guère. Il y faut du loisir. Quand on a à gagner sa vie, on est comme un homme dans un fleuve – il s’agit seulement de ne pas couler. » p.118

« Obligés de constater qu’ils sont vides. Toute leur vie était employée à le dissimuler – ce qu’ils appelaient leur vie, cette agitation entassée dans chaque journée. Et les autres aussi, les employés, les collègues, la famille, les aidaient à ne pas s’en apercevoir. Mais ici l’illusion n’est pas possible. Il faut bien se voir comme on est : nu, nul. L’épreuve vous révèle à vous-même. Une expérience qu’il est préférable d’éviter !… Pour ce qu’on trouve !… » p.139

« Trois buts du roman : raconter une histoire – se raconter – exposer des idées sur l’homme et le monde. » p.195

« Tourner en rond… On ne fait pas autre chose dans la vie, dit A. On ne fait pas autre chose dans l’enfer, dit B. » p.195

«[…] Impression aiguë de vulnérabilité ; comme c’est tendre et exposé, un corps d’homme ! […]» p.219

«[…] On s’en fiche bien qu’ils mettent le feu. Pas de victoire sans une crise de désordre. » p.228

«[…] Il est juste qu’une fois au moins dans sa vie chacun éprouve réellement la cruauté du monde. Qu’il touche le fond. C’est un droit qu’on a, le droit de savoir combien c’est dur à mener, combien c’est difficile et dangereux, l’aventure humaine. […] » p.242

«[…] On se demande pourquoi on tient. Parce que je ne suis pas seul, dit l’un. Et l’autre, et ce pourrait être le même : parce que l’homme est un être qui ne lâche pas. On tient pour rien, comme ça, parce qu’on est homme. » p.247

Editions  Le Dilettante - 250 pages


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Sur l’anonymat…

7 06 2009

« L’anonymat : préparation à la mort. N’être déjà plus personne.

Tout a un nom. Les rues ont un nom – les chevaux, les chiens, les ministres. Même Dieu. Il s’appelle Dieu. C’est comme ça qu’on l’appelle. Il ne répond pas, c’est son affaire, mais il n’a pas tout à fait réussi à devenir anonyme. […] »

Georges Hyvernaud, Lettre anonyme, Editions Le Dilettante, p.11.


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Sur Georges Hyvernaud…

6 06 2009

« Son monde, ses obsessions sont celles d’un Céline dont il épouse la noire misanthropie mais sans le lyrisme dément ni bien sûr l’indignation volcanique à laquelle il préféra toujours cette exaspération sèche, lapidaire et résignée, qui en fait le chantre acharné, économe au millimètre, du désespoir absolu. »  (Gérard Pussey, Elle. Cité dans les éditions de Le Dilettante des livres de Georges Hyvernaud.)


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Il y a encore du beau temps pour les asiles…

31 05 2009

«[…] Il y a de bonnes raisons d’interdire le LSD, le DMT, le STP, on peut bousiller définitivement sa tête avec, mais pas plus qu’au ramassage des betteraves ou en bossant à la chaîne chez General Motors, en faisant la plonge ou en enseignant l’anglais dans une fac. Si on interdisait tout ce qui nous rend dingues, toute la société y passerait : le mariage, la guerre, le métro, les abattoirs, les clapiers, les tables d’opération, etc. Tout peut virtuellement nous faire craquer parce que la société repose sur des piliers pourris. D’ici à ce qu’on lui botte le cul et qu’on reparte de zéro, il y a encore du beau temps pour les asiles ! […]»

Charles Bukowski, Mauvais Trip  (Nouveaux contes de la folie ordinaire, Editions Grasset,  traduction de Léon Mercadet). Merci à Hank du blog Commentaires d’un pas grand-chose.


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Conseil de lecture pour Georges Hyvernaud

30 05 2009

La peau et les os  *****
Le wagon à vaches  ***** 
Feuilles volantes  ****

Carnets d’Oflag  ****

Lettre anonyme  ****

 


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Verre Cassé - Alain Mabanckou

23 05 2009

Présentation de l’éditeur :
L’histoire "très horrifique" du Crédit a voyagé, un bar congolais des plus crasseux, nous est ici contée par l’un de ses clients les plus assidus, Verre Cassé, à qui le patron a confié le soin d’en faire la geste en immortalisant dans un cahier de fortune les prouesses étonnantes de la troupe d’éclopés fantastiques qui le fréquentent. Dans cette farce métaphysique où le sublime se mêle au grotesque, Alain Mabanckou nous donne à voir grâce à la langue rythmée et au talent d’ironiste qui le distinguent dans la jeune génération d’écrivains africains, loin des tableaux ethniques de circonstance, un portrait vivant et savoureux d’une autre réalité africaine.

C’est, en effet, une histoire truculente, exubérante (voire bavarde), fait de bric et de broc, une succession de petites scénettes parfois trash (le type qui est réduit à porter des Pampers après son séjour en taule). Passé les 40 premières pages, que j’ai trouvées extraordinaire de drôlerie, le soufflet est un peu retombé, et le livre finit par tourner un peu à vide. Accumuler les « histoirettes » pour tenir les 250 pages sent un peu le procédé. Mais cela reste une lecture très rafraichissante et distrayante qui laisse le politiquement correct à la porte, ce qui n’est déjà pas si mal. De plus, le livre est truffé de références littéraires et autres ; de De Gaulle à Céline en passant par San-Antonio (« Il faut battre le frère quand il est chauve ») et Zola ou Ponce Pilate… Il semble qu’il y en ait 250.

Editions  Seuil / Points - 248 pages


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Conseil de lecture pour Bohumil Hrabal

22 05 2009

La chevelure sacrifiée  *****
Une trop bryante solitude  *****
Trains étroitement surveillés  ***

 

 

 


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